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lundi 6 juin 2011

DSK: il plaide « Not Guilty! »

DSK plaide non coupable, il y aura un procès...

L'ancien patron du FMI Dominique Strauss-Kahn a plaidé lundi devant un tribunal pénal de New York "non coupable" d'avoir tenté de violer une femme de chambre d'hôtel, une décision attendue qui ouvre la voie à la tenue de son procès devant un jury.

"Non coupable", a déclaré, en anglais, Dominique Strauss-Kahn, après lecture de l'acte d'accusation par le juge Michael Obus dans une salle d'audience d'un tribunal pénal de Manhattan pleine à craquer de journalistes, surtout français. Vêtu d'un costume et d'une cravate sombres, "DSK", 62 ans, était arrivé au tribunal vers 8H40 dans une grosse voiture noire, accompagné par son épouse Anne Sinclair, sous les regards de dizaines de journalistes et photographes.

L'avocat de Dominique Strauss-Kahn, Benjamin Brafman, a déclaré lundi à la sortie du tribunal de New York qu'il n'y avait "pas d'élément fort montrant qu'il y a eu contrainte", contrairement à ce qu'affirme la victime présumée, qui accuse l'ex-patron du FMI de crimes sexuels.

Manifestation de femmes de chambre



"DSK" a eu droit à un comité d'accueil plutôt inhabituel: un groupe de personnes habillées en femmes de chambre, profession de la victime présumée, qui manifestait devant le tribunal, et dont les cris de « Shame on You! » étaient audibles à l'intérieur de la salle d'audience 12 étages plus haut.

L'ancien ministre socialiste français a rejeté l'ensemble des sept chefs d'accusation, dont crimes sexuels, tentative de viol et séquestration, dont il fait l'objet suites au témoignage sous serment de la victime présumée, une femme de chambre de 32 ans d'origine guinéenne de l'hôtel Sofitel à New York.

Procès public
En plaidant non-coupable, "DSK" ouvre la voie à l'organisation de son procès public, qui pourrait avoir lieu dans les prochains mois et lors duquel il devra affronter la victime présumée, dont les autorités américaines n'ont pas révélé l'identité.

S'il avait plaidé coupable --ce qui eût été un coup de théâtre, ses avocats ayant toujours affirmé qu'il niait les faits-- M. Strauss-Kahn aurait pu négocier une réduction de peine avec l'accusation. Il garde toutefois la possibilité de le faire jusqu'à son procès.

Pas de détails
L'avocat de "DSK", Benjamin Brafman, un ténor du barreau, assure depuis le début de l'affaire qu'il sortira innocenté de ce procès. "Je ne veux pas rentrer pour l'instant dans le détail de cette affaire mais je suis confiant, je ne pense pas du tout que M. Strauss-Kahn soit coupable des faits qu'on lui reproche, et je peux vous prédire qu'il sera relaxé", a-t-il déclaré dans une interview à la chaîne française M6 diffusée dimanche.

Cette brève audience était la troisième depuis l'arrestation de DSK il y a trois semaines. De nombreux journalistes étaient arrivés au tribunal plusieurs heures avant le début de l'audience pour tenter d'avoir une place dans la salle. Nombre ont couvert l'événement directement via le site de micro-blogs Twitter, en écrivant frénétiquement sur les claviers de leurs smartphones.

Troisième audience
Dominique Strauss-Kahn a quitté le tribunal vers 09H30 et devait rejoindre la maison luxueuse qu'il occupe depuis le 25 mai avec sa femme, à TriBeCa, un quartier huppé-bohême du sud de Manhattan. L'ancien patron y est résidence surveillée depuis sa libération contre une caution d'un million de dollars. Il doit également porter un bracelet électroniques.

Il comparaîtra à nouveau devant la justice le 18 juillet. La chute de "DSK", une des personnalités les plus influentes du monde jusqu'à son interpellation le 14 mai dernier à  bord d'un avion Air France en partance pour Paris, a provoqué un coup de tonerre politique en France, où les sondages le donnaient favori dans la course à la présidentielle 2012.



Le PS réagit
En France, au Parti socialiste, Elisabeth Guigou, députée de Seine-Saint-Denis, a déclaré qu'elle avait "autre chose à faire" que de regarder la retransmission de l'audience.  "Je pense que les Françaises et les Français feront très bien la différence entre cette affaire qui est une affaire privée et le Parti socialiste", a-t-elle dit sur i-TELE.

Un proche de DSK, Jean-Jacques Urvoas, député du Finistère, a également estimé sur France-Culture que "le problème de Dominique Strauss-Kahn aujourd'hui est une difficulté personnelle, il est dans une sphère privée". Le porte-parole du PS Benoît Hamon a admis de son côté que la comparution de Dominique Strauss-Kahn constituait "évidemment une journée particulière pour les socialistes".

lundi 23 mai 2011

Interview EXCLUSIVE de Benjamin Brafman sur l'affaire DSK !

DSK garde le moral, a affirmé dimanche à TF1 Benjamin Brafman, l'un de ses avocats, à Jérusalem où il était de passage. Il a en outre confirmé que son client plaiderait non coupable et "s'il a droit à un procès équitable, il sera acquitté".
L'interview de Me Brafman, avocat de DSK : "je suis confiant"
Dominique Strauss-Kahn, accusé d'agression sexuelle par une femme de chambre du Sofitel de New York, sera acquitté s'il a droit à un procès équitable, a déclaré dimanche sur TF1 l'un de ses avocats, Benjamin Brafman alors qu'ilé tait en déplacement en Israël. L'avocat s'est dit confiant quant à l'issue de la procédure judiciaire engagée contre l'ancien directeur du FMI. 

"On en est encore au premier stade de la procédure, mais au regard de ce que j'ai vu jusqu'ici dans le dossier je suis confiant. S'il a droit à un procès équitable, à la fin des audiences, il sera acquitté. Sur la foi des enquêtes que nous avons menées nous-mêmes, nous pensons que les accusations vont se révéler fausses"
a déclaré Benjamin Brafman, interrogé dimanche en Israël. 


Dominique Strauss-Kahn a passé samedi sa première nuit dans son appartement provisoire, dans un immeuble du quartier financier de New York, sous la surveillance de gardes armés et de nombreux médias, d'où Anne Sinclair a fait une première sortie dimanche (voir les images > Anne Sinclair vue sortant du 71 Broadway). Dans le cadre de sa libération sous caution, il a été transféré vendredi de la prison de Rikers Island à cet appartement du bas de Broadway Avenue, qui appartient à la société de sécurité privée chargée de sa surveillance. "Les gens doivent savoir en France que mon client a bon moral, qu'il va se défendre vigoureusement et qu'il est bien conseillé par des avocats déterminés à l'innocenter et à restaurer son honneur", a déclaré Benjamin Brafman.
 
La prochaine audience de Dominique Strauss-Kahn est prévue le 6 juin. Le ministre français de l'Intérieur, Claude Guéant, a déclaré pour sa part qu'en cas de condamnation, Dominique Strauss-Kahn aurait le soutien du gouvernement pour venir purger sa peine en France.

dimanche 22 mai 2011

DSK: 7 jours en enfer et un acquittement ?


« Il plaidera non coupable, et en fin de compte il sera acquitté »

Une semaine déjà que "l'affaire DSK" -dont l'avocat reste confiant- agite le macrocosme. L'agression présumée à New-York d'une femme de ménage par le patron du FMI -qui donne lieu à sept chefs d'inculpation- a entrainé un choc en France où l'onde bouleverse la donne sur l'échiquier politique: le duel Aubry-Hollande se prépare au PS alors que l'UMP rit sous cape, trop contente d'être débarassé à si peu de frais du candidat DSK. Choc également en Europe et dans le monde où le FMI se retrouve décapité. Choc enfin dans l'opinion publique interpellée par les traitements faits par la presse de l'affaire. Retour en images et par une chronologie sur une semaine pas tout à fait comme les autres que les internautes ont vécu avec passion et que le Télégramme a voulu traiter avec pondération [Les points de vue de la rédaction].


8H30. Ben Brafman, avocat de DSK : "il sera acquitté"
Dans le quotidien israélien libéral Haaretz daté d'aujourd'hui, l'avocat et ami de Dominique Strauss-Kahn, Benjamin Brafman en visite familiale en Israël, évoque sa confiance en l'issue du procès: «Il plaidera non coupable, et en fin de compte il sera acquitté.»  Par le passé, l'avocat a défendu Michael Jackson, le criminel Salvatore "Sammy the Bull" Gravano, le joueur Jay Cohen et les rappeurs Jay-Z et Sean Combs.  [Témoignage en anglais]
  

Samedi 21 mai: Six jours après son arrestation à New York, Dominique Strauss-Kahn retrouve un semblant de liberté. Contre le versement d'une caution d'un million de dollars, il a pu rejoindre un logement de fonctions d'une société de sécurité situé à deux pas de Ground Zero, au 71 Broadway. Un immeuble désormais assiegé par une foule de journalistes et où DSK ne devrait séjourner que très temporairement. En France, les féministes restent abasourdies par les dérapages verbaux que suscite l'affaire tandis qu'aux Etats Unis, les avocats de DSK fouillent le passé de la victime. [Retour sur la journée du 21 mai heure par heure]


Vendredi 20 mai : Contre une caution d'un million de dollars, Dominique Strauss-Kahn est libéré vers 22H50 de la prison de Rikers Island. C'est en tout cas qu'annonce l'agence de presse Reuters. Hier, l'ancien président du FMI avait été formellement inculpé de sept chefs d'accusation et le 6 juin, il sera de retour au tribunal. Se déclarant «totalement innocent», il devrait alors plaider non coupable, ce qui ouvrira la voie à un procès. Mais DSK pourrait également plaider coupable, ce qui lui permettrait de négocier une peine. Au FMI, la bataille pour sa succession s'est durcie avec l'annonce de candidatures. [Retour sur la journée du 20 mai heure par heure]


Jeudi 19 mai : la décision de libérer DSK est prise contre le versement d'une caution d'un million de dollars et d'un dépôt de garantie de cinq millions de dollars. Dominique Strauss-Kahn annonce, par une courte lettre dans laquelel il évoque sa tristesse, sa démission du FMI. L'avocat de DSK s'est rapidement exprimé à la fin de l'audience:  C'est «un grand soulagement pour la famille», a-t-il déclaré. Les strauss-kahniens sont également soulagés : «Cette décision a un sens, elle a été prise contre l'avis du parquet qui estimait qu'il y avait un risque de fuite», a confié Pierre Moscovici. «C'est une étape supplémentaire. Il va pouvoir maintenant préparer avec sans doute plus de sérénité sa défense puisque maintenant il a enfin accès à son dossier. Comme l'ont dit ses avocats le premier soir, c'est une autre bataille qui commence», a ajouté Jean-Jacques Urvoas.  [Retour sur la journée du 19 mai]


Mercredi 18 mai : alors que Dominique Strauss-Kahn est emprisonné à Rikers Island en attendant l'audience de vendredi dans le cadre de son inculpation pour agression sexuelle, qu'il nie, l'avocat de la plaignante dément la thèse d'une relation consentie. On apprend également que le directeur du FMI se rendra au tribunal les fers aux pieds. Il sera, par ailleurs, escorté par des unités spéciales. [Retour sur toute la journée du 18 mai]

Mardi 17 mai : 74 ans de prison : c'est la peine maximale de prison qu'encourt Dominique Strauss-Kahn s'il est reconnu coupable d'avoir agressé sexuellement l'employée de l'hôtel Sofitel de New York. En attendant une nouvelle audience, d'ici vendredi, il a été conduit, la nuit dernière, à la prison de Rikers Island, qui accueille 14.000 détenus, mais où il bénéficie d'une cellule individuelle. Alors que le bureau national du PS s'est réuni ce matin, le chef de l'Etat et le Premier ministre, silencieux jusqu'ici, se sont exprimés plus ou moins directement sur l'"affaire DSK". [Retour sur la journée du 17 mai heure par heure] 

Lundi 16 mai : Dominique Strauss-Kahn, accusé par la justice américaine de faits graves - acte sexuel criminel, tentative de viol et séquestration - a quitté ce matin, encadré par deux policiers, le commissariat de New York où il était détenu. Il est actuellement présenté à un juge du tribunal du sud de Manhattan et entend se défendre "vigoureusement" selon ses avocats. Selon RMC, les avocats du directeur du FMI auraient des preuves de son innocence. [Retour sur la journée du lundi 16 mai heure par heure]

Dimanche 15 mai : Dominique Strauss-Kahn est inculpé d'"agression sexuelle et tentative de viol". DSK nie tous tous les faits qui lui sont reprochés et il a l'intention de plaider non coupable devant le juge, ont indiqué ses avocats. La police new yorkaise reproche au directeur du FMI l'agression, samedi, d'une femme de chambre de 32 ans, employée de l'hôtel de la chaîne française Sofitel situé dans le quartier de Manhattan à New York, où séjournait le directeur du FMI.[Retour sur la journée du 15 mai, heure par heure]

Les féministes abasourdies par les dérapages verbaux

«Abasourdies par le déferlement quotidien de propos misogynes tenus par des personnalités publiques, largement relayés» dans les médias français autour de l'affaire DSK, les féministes ne décolèrent pas. Lire également le point de vue de la sociologue Véronique Le Goaziou sur les viols en France.
Avec le concours de personnalités, Osez le féminisme!, Paroles de femmes et La barbe, ont lancé hier un appel avec près de 6.000 signatures, s'élevant contre «l'impunité qui règne dans notre pays quant à l'expression publique d'un sexisme décomplexé». Intitulé «Ils se lâchent, les femmes trinquent», il se conclut par l'annonce d'un rassemblement au pied de Beaubourg, à Paris, aujourd'hui. Parmi les propos dénoncés entendus autour de l'affaire DSK, Jean-François Kahn et sa formule du «troussage de domestique» ou encore Jack Lang déclarant: «Ne pas libérer, alors qu'il n'y a pas mort d'homme, quelqu'un qui verse une caution importante, ça ne se fait pratiquement jamais». Entre-temps, tous deux ont publié des mises au point. Mais pour les auteurs de l'appel, «ces propostendent à minimiser la gravité du viol, à en faire une situation aux frontières floues, plus ou moins acceptable, une sorte de dérapage».


La victime est «présumée dire la vérité» 

Parmi les signataires, l'anthropologue Françoise Héritier, Clémentine Autain, ex-adjointe au maire de Paris et elle-même victime de viol, et Yvette Roudy, ex-ministre PS, les journalistes Audrey Pulvar et Christine Ockrent ou encore l'humoriste Florence Foresti... «Autant il est présumé innocent, autant sa victime est présumée dire la vérité», souligne Audrey Pulvar, s'étonnant du comportement «assez inquiétant et un peu nombriliste» des responsables socialistes dans un premier temps.