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vendredi 27 mai 2011

LIVE: 24 heures avec DSK [10h: Camille paie l’addition...]


Une prison dorée : DSK est assigné à résidence, sous haute surveillance, dans cette maison luxueuse pour laquelle il va devoir débourser 50 000 dollars par mois.
Une prison dorée : DSK est assigné à résidence, sous haute surveillance, dans cette maison luxueuse pour laquelle il va devoir débourser 50 000 dollars par mois. | AFPZoom


Dominique Strauss-Kahn a passé sa deuxième nuit dans son nouveau logement ultra-luxueux de 632 m² dans le quartier branché de TriBeCa à Manhattan. Alors que l'ex-patron du FMI affichait un visage souriant lors de son déménagement mercredi soir, la bataille entre les ténors de la défense et ceux de l'accusation commence à faire rage. 

La défense de DSK dit craindre un procès inéquitable. DSK est poursuivi pour agression sexuelle et tentative de viol sur Nafissatou, une femme de ménage d'origine guinéenne âgée de 32 ans, travaillant à l'hôtel Sofitel de New-York et doit comparaître le 6 juin pour présenter sa ligne de défense. 

16h20. Poutine n'y croit pas. Le Premier ministre russe  «ne peut croire» à l'affaire de la tentative de viol visant l'ex-patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn «telle qu'elle a été présentée au départ», rapporte l'agence de presse russe Interfax.«J'ai du mal à évaluer les dessous politiques [de l'affaire. NDLR] et je ne veux surtout pas me pencher sur ce thème», ajoute-t-il. 

15h45. Dominique Strauss Kahn est sorti de la maison de TriBeCa. Vers 7 h 30 du matin, heure de New York, DSK est sorti en compagnie d'. Selon Associated Press, qui cite une source proche de DSK, il s'est rendu chez un docteur. Le couple s'est engouffré dans une voiture noire. L'ancien patron du FMI paraissait fatigué sur des photos diffusées par le quotidien anglais Daily Mail. 

13h55. Sarkozy : «Garder de la hauteur de vue et de la dignité». Lors d'une conférence de presse en marge du G8,à Deauville, le président estime que cette affaire est «suffisamment triste pour que l'ensemble des responsables politiques essayent de garder de la hauteur de vue et de la dignité».  fustige «certains commentaires» qu'ils l'ont «conforté dans [sa] décision de [se]tenir un peu éloigné». «Il y a des choses qu'on a entendues qu'on aurait préféré ne pas entendre. Il y a des choses qu'on a vues qu'on aurait préféré ne pas voir. Mais franchement il y a des propos extrêmement choquants qui ont été tenus»,  juge-t-il. 

13h38. Lors d'une conférence de presse en marge du G8 à Deauville, le président Nicolas Sarkozy répond à Nathalie Schuck, du «Parisien-Aujourd'hui en France» qui veut savoir si la candidature de Christine Lagarde va réparer l'image de la France, «gravement atteinte, par l'interpellation de DSK» et si le président est «choqué par ses conditions de détention particulièrement luxueuses». «En tant que chef de l'Etat, je n'ai pas à prendre partie», répond Nicolas Sarkozy. Quant à l'atteinte portée à l'image de la France : «Je ne savais pas que monsieur Strauss-Kahn représentait la France», rétorque-t-il. 

12h50. Un député PS interpelle le patron du renseignement. Le député Jean-Jacques Urvoas (PS) écrit au patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) Bernard Squarcini et au directeur adjoint du cabinet de Claude Guéant pour demander des explications sur une note policière relative à Dominique Strauss-Kahn évoquée par «Le Monde». L'élu strauss-khanien rappelle que le quotidien indiquait «que la vie privée de certaines personnalités politiques susceptibles de présenter un jour un danger électoral [pour le président de la République. NDLR] ferait l'objet d'une attention particulière de différents services dont l'un relevant de la DCRI».

«Le Monde» évoquait une note de 2007, qui signalait «la présence de Dominique Strauss-Kahn, surpris en fâcheuse posture dans une voiture, à l'ouest de Paris, dans un haut lieu des rencontres tarifées, à l'occasion d'un banal contrôle.» «Existe-t-il une équipe dédiée aux "enquêtes réservées" au sein de la DCRI ?», interroge le député. Ces pratiques, «si elles devaient être avérées, seraient de nature à porter un doute sérieux sur l'activité du service que vous avez l'honneur de diriger», poursuit ce courrier.

12h20. Valls : difficile de remplacer DSK. «On n'a pas encore mesuré» les conséquences politiques de cette affaire, affirme le député Manuel Valls sur RMC et BFM-TV, car «remplacer Dominique Strauss-Kahn, sans faire injure à personne, ce n'est pas facile». Manuel Valls, qui avait mis sa candidature entre parenthèses au profit de DSK, a de nouveau exprimé son «envie d'être candidat» même s'il s'«interroge encore».

11h40. Des touristes veulent voir la maison de DSK, à Manhattan. Certains n'hésitent pas à demander à leurs guides de faire un détour non prévu dans le programme initial pour aller voir où il s'est installé. Ainsi, le New York Post mentionne des touristes français qui ont voulu faire l'excursion.

11 heures. «Sidération» : un terme à l'image du choc provoqué par le scandale DSK. «Je n'ai jamais vu ce mot employé autant ! C'est très fort. Cela renvoie à quelqu'un qui perd l'usage de ses facultés car il ne peut y croire. On appuie sur les mots pour montrer l'extraordinaire impact de l'information», commente Bernard Pivot. La terminologie employée dans les médias pour commenter l'affaire DSK montre un festival de termes tous plus forts les uns que les autres (Stupéfaction, coup de massue, déflagration...) Jusqu'à atteindre, d'après les spécialistes, le summum avec le mot sidération. Encore réservé au vocabulaire médical pour décrire un état de choc exceptionnel, «sidération» date du XVIe siècle et désignait alors «un anéantissement total des forces vitales sous l'effet d'un astre négatif», explique le linguiste Alain Rey. «On l'utilisait pour parler de maladies graves comme la gangrène... Avec l'idée d'une force supérieure qui domine l'homme et le fige sur place, liée à une pensée occulte».

10h49. FMI : Lagarde quasi désignée. Les Européens co«nsidèrent la nomination de Christine Lagarde à la tête du FMI comme acquise après la déclaration de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton qui a salué sa candidature, déclare-t-on de source européenne en marge du sommet de G8 à Deauville.

VIDEO. La résidence de DSK fait grincer des dents au PS.

10 heures. Steak et salade au menu pour 242 dollars. Le Daily News décrit avec délectation le premier repas pris par le couple DSK-Sinclair dans sa nouvelle maison. Le quotidien tabloïd new yorkais est en mesure d'avancer qu'ils auraient dîner de steak et de salade, commandés dans un bon restaurant voisin, pour un montant de 242,79 dollars. La note aurait également été réglée par la carte de crédit de la fille de DSK, Camille Strauss-Kahn. Quant au pourboire donné au livreur, il est à la hauteur de la commande : 25 dollars.

Capture écran. Une du New York Post jeudi.
9h30. Revue de presse. Plusieurs journaux reviennent à la Une sur l'emménagement de DSK dans le quartier branché de Tribeca. «Le Figaro» souligne : «La luxueuse résidence de DSK suscite le malaise au PS». «France-Soir» opte pour l'ironie en titrant : «Bienvenue dans mon palace». La presse new-yorkaise, notamment le «New York Post» et le «Daily News», s'est lâchée en faisant à nouveau la Une avec la maison du «Perv» (le pervers).

8h50. Cambadelis justifie le choix de DSK. Jean-Christophe Cambadélis (PS) justifie le choix par Dominique Strauss-Kahn d'une luxueuse maison pour sa résidence surveillée à New York.«C'est un choix contraint de quelqu'un qui a les moyens, ce n'est pas lui qui a décidé d'être assigné à résidence, ce n'est pas lui qui a décidé qu'il ne pouvait pas prendre d'appartement parce que les gens ne supportaient pas le nombre de journalistes qui étaient en bas de chez lui», déclare le député strauss-kahnien de Paris sur Canal +.
LP/INFOGRAPHIE. Les sites de l'affaire DSK : son nouveau
 logement 
de DSK, dans le quartier de Tribeca, le Sofitel, la
 cour criminelle, 
le bureau de ses avocats...

8h30. Manuel Valls, interrogé sur BFMTV commente l'installation de DSK dans une maison super luxueuse de  Manhattan. «Je comprends que cela puisse choquer les Français face à ces chiffres astronomiques (NDLR : le loyer mensuel est estimé à 50 000 dollars), mais il a le droit de se défendre.»

7h30. Le maire de Manhattan veut faire payer DSK.  Lors d'une conférence de presse, le maire de Manhattan, Scott Stringer lance : «Il va devoir payer l'addition», faisant référence aux sommes que la ville est obligée de débourser et les perturbations que sa présence va occasionner à Manhattan.

7 heures. Le malaise au PS sur la prison dorée de DSK. Les nombreuses chambres, les salles de bain, la salle de gym, la salle de projection, le tout réparti sur 632 m² dans un quartier très branché de Manhattan : l'étalage de luxe qui entoure l'assignation à résidence de DSK embarrasse le PS. Ainsi le député Arnaud Montebourg admet sur BFMTV : «Si vous avez de l'argent, vous pouvez échapper à la prison de Rikers Island, sinon tant pis pour vous». Quant au porte-parole du PS, il avoue que tout ce luxe «puisse choquer des millions de Français». 

5h30. Le procureur répond. Faisant référence aux allégations de la défense de DSK sur les informations importantes de nature à fissurer l'accusation, le bureau du procureur ne se fait pas attendre : «Nous ne sommes pas au courant de telles informations (..) et si vous souhaitez que nous enquêtions sur quoi que ce soit concernant cette affaire, nous serons heureux de le faire».

5 heures . Des infomations qui pourraient fissurer l'accusation. Les deux parties, accusation et défense se livrent à des joutes cinglantes. Les avocats de DSK montent au créneau pour dénoncer les fuites dans la presse qui profitent à l'accusation. «L'affaire doit être jugée sur la base de preuves (...) non sur des spéculations ou des articles de presse» se plaignent Ben Brafman et William Taylor dans une lettre envoyée au procureur du district de Manhattan. Ils réclament «de faire cesser ces fuites [dans la presse. NDLR] immédiatement». Puis les avocats de DSK tirent leur seconde salve : ils menacent, eux aussi, de «nourrir la frénésie des médias» en divulguant « des informations importantes», qui à leur avis porteraient «gravement atteinte à la crédibilité de la plaignante dans cette affaire». 

VIDEO. Les avocats de DSK contre-attaquent 

3 heures. L'accusation gonfle ses troupes. A quelques heures d'intervalle, les rangs de l'accusation se sont étoffés. Jeff Shapiro, l'avocat de Nafissatou Diallo a d'abord annoncé que deux nouveaux avocats, Kenneth Thompson et Norman Siegel l'assistaient désormais. Peu après, le bureau du procureur Cyrus vance Jr annonce avoir recruté deux procureurs supplémentaires, selon Bloomberg, deux femmes d'expérience, Joan Illuzzi-Orbon et Ann Prunty.

mardi 24 mai 2011

SPERME: Atlantico et le dé-menti de la Police !?

ADN: "Cette information d'Atlantico est totalement et absolument fausse [...] nous ne disposions pas de ces résultats dimanche"

On le sait depuis le début de l'affaire . Les prélèvements ADN et les autres analyses scientifiques effectués par la police new-yorkaise seront déterminants par rapport aux accusations qui pèsent contre Dominique Strauss-Kahn.

Lundi soir, ces premiers éléments sont apparus. Selon les chaines de télévision américaines NBC et ABC, ainsi que selon le New York Times, des traces de l'ADN de DSK auraient ainsi été trouvées sur les vêtements de la présumée victime, la femme de chambre qui accuse l'ex-patron du FMI de l'avoir agressée sexuellement.

NBC et le New York Times assurent que ces traces auraient été trouvées sur "la tenue" de la jeune femme, tandis qu'ABC évoque sa chemise. Les trois media citent des sources anonymes, soit "des enquêteurs" soit "une personne a qui on a décrit les tests". 

De son côté, le site web de France 2 va un peu plus loin et assure que des traces de sperme ont été retrouvées sur le col de la chemise de la jeune fille, selon une source policière. 

"Si tout cela est confirmé, cela signifierait pour l'instant qu'il y a bien eu rapport sexuel entre les deux ou au moins tentative de rapport sexuel", commentait un avocat joint par Libération, "mais rien dans ce qui est dit ne montre l'usage de la force. En clair, à ce stade, la défense peut toujours plaider le rapport consensuel si elle le désire. Et elle peut le faire tant qu'il n'y a pas d'éléments qui prouvent que la femme de chambre s'est débattue". 

Les avocats de DSK avaient notamment assuré que, selon eux, les analyses médico légales n'étaient pas compatibles avec l'usage de la force. 

Lundi soir, le bureau du procureur a refusé de confirmer ces informations à Libération. Interrogé lui aussi, le porte-parole du NYPD, Paul J Browne a également refusé de commenter "les éléments de preuves ". 

Paul J Browne, toutefois, s'ne est pris de manière inattendue au site web français Atlantico, qui avait assuré que la police new-yorkaise avait transmis dimanche aux autorités françaises les résultats des tests ADN, selon lesquels des traces de sperme de DSK avaient été retrouvés sur les vêtements de la femme de chambre. "Cette information d'Atlantico est totalement et absolument fausse", s'est insurgé Paul J Browne, "c'est absurde d'assurer que nous avions transmis ces tests à la France dimanche. Tout simplement parce que nous ne disposions pas de ces résultats dimanche".

Fabrice Rousselot | Great America/Libération

jeudi 19 mai 2011

Affaire DSK: Les chroniclers contre-attaquent et répondent aux français...


Les chroniqueurs anglo-saxons s'étonnent de l'excès des réactions françaises

Comme d'autres, dans sa chronique publiée dans l'hebdomadaire Le Point, Bernard Henri-Levy a pris la défense de son ami DSK de manière aussi vigoureuse que maladroite, dénonçant le caractère étrange de la présence d'une seule femme de chambre, ou le traitement de la justice américaine réservé à l'ancien patron du FMI (il a démissionné ce matin). Plusieurs chroniqueurs anglo-saxons n'ont pas apprécié et l'ont fait savoir.

BHL s'étonnait d'abord : "Comment une femme de chambre aurait pu s'introduire seule, contrairement aux usages qui, dans la plupart des grands hôtels new-yorkais, prévoient des "brigades de ménage" composées de deux personnes, dans la chambre d'un des personnages les plus surveillés de la planète?". Puis : "Ce que je sais, c'est que rien au monde n'autorise à ce qu'un homme soit ainsi jeté aux chiens." Ou : "J'en veux, ce matin, au juge américain qui, en le livrant à la foule des chasseurs d'images qui attendaient devant le commissariat de Harlem, a fait semblant de penser qu'il était un justiciable comme un autre.".Dans une tribune du New York Times, Maureen Dowd répond "Pendant des années, j'ai séjourné à l'hôtel Sofitel et d'autres hôtels de New York City, et je n'y ai jamais vu une "brigade", mais tout simplement une femme seule qui vient nettoyer" avant de saluer le fait qu'aux Etats-Unis, même une femme de chambre a droit à la dignité, et est entendue quand elle accuse l'un des hommes les plus puissants du monde d'être un prédateur.

Sur le site du mensuel The Atlantic, même réflexion de Wendy Kaminer  concernant l'évocation de cette étrange "brigade" de nettoyage que personne n'a jamais vu.
Sur The Daily Beast, Andrew Sulivan constate que BHL défend les gens de sa classe sociale, les élites ou ceux qui se considèrent comme tels, qui "ont du mal à croire au pire quand il s'agit de l'un d'entre eux".
Le Wall Street Journal fait un petit tour d'Europe des réactions, et cite Mehmet Koksal, basé à Bruxelles :  "Nous sommes passés de l'image de l'amant français à celle du violeur français".
Comme le New York Times mardi 17 mai, le Guardian britannique s'interroge ce matin sur la loi du silence au sein des médias français concernant le comportement de DSK envers les femmes avant l'affaire du Sofitel.
Dans The New Republic, David Rieff s'étonne aussi de l'attitude de certains intellectuels français, de BHL à Jean Daniel en passant par Robert Badinter, qui présentent DSK comme la victime de cette affaire, au lieu de penser à la jeune femme de 32 ans qui est au cœur du drame. DSK n'est peut-être pas coupable reconnaît Rieff, mais il estime que Daniel va trop loin quand il écrit que le traitement de DSK par la justice américaine lui fait penser que les Français et "les Américains ne font pas partie de la même civilisation".