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jeudi 7 juillet 2011

Tristane Banon raconte tout : « je me débats, tape, hurle, il aime les cris... »

Révélations: l'agression de DSK sur Tristane Banon en détails...

Tout au long de l'affaire du Sofitel, elle était restée silencieuse. Aujourd'hui, alors que, à New York, le dossier connaît des rebondissements spectaculaires, la jeune romancière sort de l'ombre et annonce, le 4 juillet, qu'elle dépose plainte contre DSK pour tentative de viol. Pourquoi maintenant, pourquoi huit ans après? Elle s'explique dans un entretien exclusif à L'Express.


Depuis le 14 mai et l'affaire du Sofitel, vous vous taisez et votre avocat laisse planer le doute sur votre intention de porter plainte. Alors qu'à New York le dossier DSK semble tourner en faveur de l'ex-patron du FMI, vous décidez enfin de le faire, pour tentative de viol. Pourquoi?
Je n'en peux plus d'entendre dire que je suis une menteuse du fait que je ne dépose pas plainte. Depuis huit ans, je porte cette histoire seule, j'entends les rumeurs, les mensonges à mon sujet. Depuis le 14 mai, on décide de ce que veut dire mon silence, on interprète chaque mot de mon avocat sans même l'écouter. On n'a pas non plus compris que je ne vienne pas soutenir Nafissatou Diallo sur les plateaux télé. Je n'ai pas voulu commenter car je ne sais rien de son cas. Si elle a menti sur certains sujets, ça ne veut pas forcément dire qu'elle a menti sur le viol. Mais, pour moi, c'était devenu insupportable. Et puis, aujourd'hui, de voir Strauss-Kahn libre, dîner dans un restaurant de luxe entre amis, ça me rend malade. Je sais bien que la moitié des gens me croira, l'autre non. Il n'y a pas de bonne solution, seulement une qui fait que je pourrai enfin me regarder dans la glace. Dans la façon dont j'ai vécu mon histoire depuis huit ans, c'est Dominique Strauss-Kahn qui a tenu les rênes de ma vie. Il a des problèmes au FMI? Au Sofitel? On ressort l'histoire de la Banon... Pour une fois, je voudrais être maîtresse de ce qui m'arrive. Je voudrais que l'on m'entende, parce que j'ai peut-être enfin une chance d'être écoutée.


A quel moment avez-vous pris votre décision?
Depuis le 15 mai, on y travaille, mon avocat et moi. On a pris la décision à la mi-juin, avant le ­dernier rebondissement.


"La scène qu'elle raconte est imaginaire"
En apprenant les doutes sur la crédibilité de la femme de chambre, vous n'avez pas été tentée de faire machine arrière?
A aucun moment, puisque depuis le début, mon avocat l'a dit et répété, je ne veux pas que mon destin soit lié à celui de Nafissatou Diallo. Quoi que Dominique Strauss-Kahn lui ait fait ou pas, ça ne change rien à ce qu'il m'a fait. Si les choses ne se sont pas passées là-bas comme elles nous étaient présentées, il me faudra donc prouver davantage qu'il m'a fait du mal à moi. Sinon, je vais encore me faire traiter d'affabulatrice. Je suis donc encore plus déterminée. Si je veux un jour mettre un terme à cet enfer de huit ans, il faut que ce soit jugé.


Vous parlez aujourd'hui d'une chose grave: une tentative de viol. Comment se fait-il que vous n'ayez pas porté plainte avant, durant ces huit années? C'est, au fond, ce que l'on n'a jamais compris.
Pour toute femme dans ce cas, c'est très dur. On vous demande de raconter minute par minute ce qu'il s'est passé, alors que vous, vous n'avez qu'une envie: oublier minute par minute ce qu'il s'est passé. Et c'est encore plus dur quand vous savez à l'avance que c'est voué à l'échec. Je ne supporte plus d'entendre les gens répéter à l'infini: ah, si elle avait porté plainte, elle serait plus crédible! Mettez-vous à ma place. Il y a huit ans, quand j'évoquais l'idée d'une plainte, tout le monde me faisait comprendre que cela n'aboutirait jamais. Dans ces affaires, c'est parole contre parole. Que valait celle d'une jeune stagiaire en journalisme préparant son premier livre et qu'on allait soupçonner de se faire de la publicité? Que valait ma parole face à celle de Strauss-Kahn, l'époux d'Anne Sinclair, même s'il n'était pas encore le patron du FMI? Rien! Il avait toutes les chances de son côté, moi aucune. Et quand on pense que, de toute façon, ça ne vous fera pas rembobiner le film et tout effacer, on finit par se dire à quoi bon...


Tristane Banon à 93 Faubourg Saint Honoré en 2007
Vous avez raconté l'agression que vous déclarez avoir subie sur un ton badin dans une émission de Thierry Ardisson en 2007. Vu la gravité de ce que vous décriviez, cela paraissait ahurissant.
Il faut bien voir le contexte. Ce jour-là, Ardisson me lance sur le sujet - contrairement à ce qu'on a dit, ce n'est pas moi qui ai voulu en parler. Le bruit courait dans le milieu parisien depuis des années... Ce jour-là, donc, je me retrouve un peu prise au piège. On me sert du champagne, ma parole est un peu déliée, et je me dis: dans une émission comme ça, assez joyeuse, il faut avoir l'air de quelqu'un qui a pris du recul et qui s'est reconstruit. Donc, je n'entre pas dans les détails glauques. Il y avait là plusieurs journalistes politiques, à qui j'avais envie, en fait, de dire: allez-y, enquêtez! D'autres femmes auraient raconté ça les larmes aux yeux... Ce n'est pas mon genre.


Soyons clairs: ce que vous avez raconté chez Ardisson fait plutôt penser à une agression sexuelle, laquelle serait aujourd'hui prescrite. Quels sont vos éléments pour parler d'une tentative de viol?
Si on veut chercher la description approchant ce qu'il s'est passé, c'est dans Trapéziste, un roman autobiographique paru en 2006... Dans son livre sur DSK, Michel Taubmann m'attaque au prétexte que dans le chapitre censuré de mon premier livre, Erreurs avouées, qui relate mon entretien avec Strauss-Kahn en 2003, il n'y avait pas trace d'agression. De fait, je n'allais pas porter plainte dans ce livre puisque j'avais décidé de ne pas le faire dans la vraie vie! Ce n'était pas le propos. Ce qui s'est passé, il faut aller le chercher dans ce roman, Trapéziste, que j'ai écrit pour me libérer... La jeune Flore qui y raconte ses aventures dans le milieu politico-littéraire, qui se fait avoir, c'est moi. La jeune femme qui raconte, au chapitre XIII, son rendez-vous avec un politique dans un appartement vide, et qui écrit: "Je me débats, tape, hurle, il aime les cris, ce mec est un malade", c'est moi, et "il", c'est Strauss-Kahn.


DSK aurait tenté de violer Tristane Banon
Tout y est?
Non, je ne parle pas des détails sordides, de ses doigts dans ma bouche, de ses mains dans ma culotte après m'avoir fait sauter le jean et le soutien-gorge, sous mon col roulé noir... Quand je suis rentrée dans cet appartement, je me suis sentie tout de suite mal à l'aise. Il était quasi vide, blanc, poutres apparentes, une machine à café, une table ronde, avec, à droite de la partie salon, une bibliothèque vide, et, tout au fond, une chambre avec un lit. On a commencé à parler un peu, il m'a proposé un café, j'ai sorti mon dictaphone, il a voulu qu'on aille sur le canapé, puis que je lui tienne la main pour répondre, "sinon je n'y arriverai pas", a-t-il dit. J'ai voulu m'en aller. Il a arrêté le dictaphone, m'a attrapé la main puis le bras, je lui ai demandé de me lâcher, et c'est de là qu'est partie la bagarre. Il m'a tirée vers lui, on est tombés par terre et on s'est battus au sol, pendant plusieurs minutes... C'est de la drague, un homme qui fait ce qu'il veut avec votre corps, vous ceinture par-derrière, vous pelote les seins, se frotte contre vous, pendant que vous sentez tout? Je pèse 40 kilos toute mouillée et il s'est montré violent. Quand j'ai compris qu'il voulait vraiment me violer, je me suis mise à lui donner des coups de pied avec mes bottines, j'étais terrorisée et je lui ai dit: "Vous n'allez pas me violer?" Et puis j'ai réussi à me dégager, j'ai dévalé les escaliers, je me suis retrouvée dans ma voiture, j'ai appelé ma mère car je n'arrivais même pas à conduire tellement je tremblais.


Combien de temps cette rencontre a-t-elle duré?
Plus d'une demi-heure, entre le moment où je suis sortie de ma voiture et celui où j'y suis rentrée.


Comment pouvez-vous en être sûre, alors que vous dites en être sortie tétanisée?
A cause du parcmètre. J'avais mis trente minutes et j'ai eu un PV.


Mais pourquoi n'avoir pris que trente minutes pour aller interviewer un politique de ce rang?
Parce qu'il ne s'agissait que d'un complément d'information. Durant ma première interview avec lui, il n'avait fait que de la langue de bois, alors il m'avait fixé ce deuxième rendez-vous, en février 2003. Je pensais qu'il referait la même chose, et j'avais 23 ans, je ne savais pas encore bien estimer les choses.


"Il s'est servi de mon corps"
Où cela s'est-il passé?
C'était entre Montparnasse et l'Assemblée nationale, dans une rue proche du boulevard des Invalides; il m'a dit que c'était l'appartement d'un ami. Dominique Strauss-Kahn, lui, sait où ça s'est passé et j'aimerais bien qu'il dise où se serait déroulé notre deuxième entretien ailleurs que dans cet appartement vide.


Comment se fait-il que vous ne soyez pas plus précise sur le lieu?
Nous en avons parlé avec mon avocat, ces informations seront communiquées en leur temps aux autorités compétentes.


Quelles ont été les répercussions de cet événement sur votre vie personnelle?
J'en suis restée traumatisée. Plus jamais je n'ai eu de relations normales avec des hommes. Ça a été rien, puis tout, puis j'ai peur, tout le temps. Pour moi, ils étaient tous devenus des obsédés qui pouvaient me faire du mal. Donc, à un moment, il fallait que j'aie le sentiment que c'était moi qui maîtrisais, en ne m'attachant pas, en passant de l'un à l'autre. Strauss-Kahn a considéré qu'il pouvait faire ce qu'il voulait avec mon corps, sans me demander mon avis. Et depuis, les hommes qui m'ont aimée m'ont dit: "On a l'impression que tu es détachée de ton corps." En effet, c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour passer dans ma tête à autre chose. Il s'est servi de mon corps, et ce n'est pas moi.


Et sur le plan professionnel?
A plusieurs reprises, je me suis retrouvée blacklistée, sans comprendre. Je travaillais dans un endroit et, du jour au lendemain, tout se passait mal. Un exemple: j'étais directrice de collection au Cherche Midi depuis l'été 2009. Tout se passait bien jusqu'au mois de septembre 2010, où tout d'un coup le patron, Philippe Héraclès, me dit que je travaille mal, etc. Je n'ai pas compris. Et il y a peu de temps, sur Internet, j'ai lu une interview de lui révélant qu'il avait un accord de principe avec les collaborateurs de DSK: quand celui-ci annoncerait sa candidature, le Cherche Midi publierait son livre de campagne. Je trouve la coïncidence étonnante. Nous avons rendez-vous aux prud'hommes le 25 octobre pour requalification de contrat.


On vous soupçonne de vouloir vous faire de la publicité. Dans le contexte actuel, encore plus...
Absurde! En 2003, à l'époque des faits, tout va bien pour moi: stagiaire à Paris Match, je signe chez un éditeur parisien... Ensuite, tout s'est cassé, tout... Comprenez qu'à aucun moment je n'ai eu la maîtrise des choses. Que s'est-il passé? Au début, je ne veux en parler à personne d'autre qu'à ma mère. Oublier. Mais très vite, un proche, un homme de télévision connu, me sentant très mal, me fait cracher le morceau. Pensant bien faire, c'est lui qui en informe des journalistes. Je les vois, mais je ne veux pas qu'on sache que j'ai parlé. J'ai trop peur. Tous me disent que ça les arrangerait que je porte plainte pour leur article, mais ils me le déconseillent en même temps. Parce que parole contre parole, avec quelqu'un de si connu...


Dès le début, votre mère, élue socialiste et amie de Dominique Strauss-Kahn, vous a aussi dissuadée de porter plainte. Elle dit le regretter aujourd'hui...
Elle savait que je me ferais laminer. Cela étant, je pense sincèrement que si tout le monde m'avait conseillé de porter plainte et seule ma mère m'avait dit le contraire, j'y aurais plus réfléchi. Aujourd'hui, depuis que ma mère a affirmé qu'elle regrettait de m'avoir "empêchée" de porter plainte, elle a été lâchée au PS.


Qui savait, selon vous, au PS?
Dans l'entourage de Laurent Fabius, beaucoup étaient au courant. François Hollande, lui, connaissait l'histoire. A la foire de Brive, en 2008, au moment de l'affaire Piroska Nagy, il est venu me voir, me disant qu'il pensait beaucoup à moi. Il m'a appelée une fois, en 2003, après les faits. Très inquiet, François Hollande m'a dit qu'il avait parlé de tout ça avec ma mère. Il espérait que je suive le conseil qu'il lui avait donné, à savoir de porter plainte. Récemment, son bras droit, qui était son directeur de cabinet à l'époque, Stéphane Le Foll, a confirmé que François Hollande "avait appelé Tristane Banon" et que "c'était lui, en direct, qui gérait".


Pourtant, sur France Inter, le 23 mai dernier, François Hollande a affirmé n'avoir eu aucune connaissance de ces faits.
Il ment. Pour moi, François Hollande était quelqu'un de bien. Je n'aurais jamais pensé ça de lui, et l'entendre nier a été un élément déterminant dans ma décision de porter plainte.


Depuis le Sofitel, quelqu'un du PS vous a-t-il appelée?
Non.


Et à droite?
Non plus.


Comment vivez-vous, ces temps-ci?
Mal. Je ne peux pas m'empêcher de regarder la télé. Je ne vais tout de même pas aller m'enterrer au fond de l'Amazonie pour ne pas entendre les commentaires à mon sujet. On fait venir sur les plateaux des avocats, des chroniqueurs, et tous ces gens se retrouvent autour d'une table pour dire ce qu'ils pensent des cas Diallo et Banon. Et je regarde, je subis. Et je ne me reconnais pas.


Où vivez-vous?
Je me suis réfugiée en dehors de Paris avec mon chien Flaubert. Je vis de rien parce que je ne peux plus travailler. Je ne dors quasiment pas et j'écris ce que je ne peux pas dire depuis le 15 mai.


Camille Strauss-Kahn, l'amie de Tristane
Dans son livre, Michel Taubmann fait réagir Dominique Strauss-Kahn, qui s'exprime sur vous pour la première fois et dément formellement. Il parle d'une scène "imaginaire".
Qu'il dise que la scène est "imaginaire" ne me surprend pas... C'est sa défense. Mais quand il dit: "Vous me voyez, moi, jetant une femme à terre en lui faisant violence?", oui, moi je le vois très bien!


Il connaissait vos relations avec sa fille Camille?
Evidemment, j'étais proche d'elle. Je suis la filleule de sa deuxième femme et, à l'époque, il était l'ami de ma mère. D'ailleurs, pendant la rencontre, au moment où ça tournait mal, je lui ai dit: "Je suis proche de Camille, j'ai son âge...", il m'a répliqué: "Qu'est-ce que Camille vient faire là-dedans?"


Certains vous décrivent comme une fille peu équilibrée, une aguicheuse qui a multiplié les aventures avec les gens célèbres et voudrait se venger des hommes... Qu'en dites-vous?
Je vis mal ce genre de médisances, car comme toutes les médisances, elles ont un noyau de vérité et sont fausses à la fois. Dans le milieu littéraire que je découvrais, vous trouverez incontestablement quelques hommes avec qui j'ai eu des histoires sans lendemain ou pas, mais de là à faire de moi une prédatrice sexuelle... Quant à se venger... Michel Taubmann, dans son livre, me prête ce propos que j'aurais tenu au conseiller de Strauss-Kahn Ramzi Khiroun: "Je me vengerai de Dominique Strauss-Kahn!" Je l'aurais appelé pour le lui dire, écrit Taubmann. Or je n'ai jamais appelé cet homme, je ne connais pas sa voix et, sérieusement, vous me voyez appeler un homme si influent, à 23 ans, pour le menacer? C'est vrai que je n'ai pas eu une enfance très drôle: ma mère était une femme d'affaires peu passionnée par les gazouillis des enfants. J'ai été élevée par une nounou qui me battait. Je n'ai pas connu mon père et ne sais pas s'il est encore vivant. A côté, je n'avais aucun souci d'argent, une très bonne éducation dans les beaux quartiers. En conclure que mon contexte familial fait de moi une déséquilibrée... Aujourd'hui, si je porte plainte, ce n'est pas pour me venger de DSK, mais pour me relever. Mon seul moyen d'avancer, de ne pas m'écrouler complètement, est que la justice reconnaisse que c'est moi, la victime.


Avez-vous revu Strauss-Kahn?
Je l'ai croisé deux ou trois fois dans une brasserie. Une fois, il s'est arrêté: "Ah! comment vous allez?" C'est tout.


 "je ne souhaite qu'une chose, qu'il revienne en France"
Avez-vous peur des répercussions de votre plainte?
Evidemment que je crains des représailles, l'entourage de DSK qui va vouloir m'abattre parce que je serai peut-être sa plus grosse épine dans le pied. Je crains les gens qui le voyaient comme le héros qui allait sauver la France et qui se sont remis à y croire. Je reçois beaucoup de messages de soutien, mais aussi d'insultes, d'une violence inimaginable.


Si Dominique Strauss-Kahn est disculpé à New York, comment réagirez-vous?
J'en déduirai que la justice a décidé qu'il est innocent là-bas, mais moi, je ne souhaite qu'une chose, qu'il revienne en France avec sa présomption d'innocence pour que l'on aille devant un tribunal. Je sais bien que dans ce genre d'affaire, où c'est parole contre parole, sans même parler de gens si puissants, les présumés coupables sont souvent relâchés. Mais moi, je sais que je dis la vérité.



Tristane Banon : Interview exclusive sur DSK (sous-titré)




L'affaire Banon

En couverture de L'Express: l'autre affaire DSK et la longue interview exclusive de Tristane Banon accusant l'ex-patron du FMI de tentative de viol.
DR
Tristane Banon: "Pourquoi je porte plainte contre DSK"
Depuis que l'affaire du Sofitel a éclaté, pour les médias du monde entier, elle est "l'autre". L'autre femme qui accuse, la seule connue en France qui dit avoir été victime des assauts sexuels de Dominique Strauss-Kahn. Depuis le 14 mai, on cherche Tristane Banon, on la traque, la clameur médiatique parle à sa place, voudrait la faire sortir du bois. Les premiers temps, elle reçoit jusqu'à 300 demandes d'interview par jour, du Brésil, d'Italie, de Suède, de Chine. Même de Corée du Sud. Elle, se tait. 
C'est pourtant bien la jeune romancière qui avait lâché la bombe sur un plateau télé, chez Thierry Ardisson, en 2007, parlant alors, sur un ton badin, du "chimpanzé en rut" qui lui aurait sauté dessus, au cours d'une interview quatre ans plus tôt. Le nom de DSK est aussitôt bipé, l'affaire pas n'est relayée. Avant de rebondir lorsque le Wall Street Journal révèle, en octobre 2008, le scandale lié à la liaison du patron du FMI avec l'économiste hongroise Piroska Nagy. Au même moment, Tristane Banon confirme, sur le site AgoraVox, qu'elle parlait bien de DSK. L'AFP publie une dépêche des avocats du patron du FMI, menaçant de poursuivre "avec détermination" quiconque propagerait des "rumeurs"... Finalement, l'histoire de Tristane Banon continuera de cheminer dans les dîners parisiens... Jusqu'à l'épisode de la suite 2806.
Au terme de nombreux contacts, Tristane Banon nous a accordé une première interview le 29 juin, au cabinet parisien de son avocat Me David Koubbi. Deux jours, donc, avant le rebondissement du 1er juillet, elle nous annonçait qu'elle avait décidé de porter plainte et nous expliquait pourquoi, huit ans après les faits. C'est une petite jeune femme de 32 ans qui en fait 20, très frêle, les yeux effarouchés par les nuits sans sommeil, fragile et forte à la fois. Autour de son poignet, elle a écrit sa devise: "Never look back, never think twice" (Ne regarde jamais en arrière, n'y pense jamais deux fois). C'est pourtant ce qu'elle a accepté de faire, dans ces colonnes, en racontant son parcours durant toutes ces années et l'agression dont elle dit avoir été victime. Une agression totalement démentie par DSK, cité pour la première fois sur l'affaire dans le livre de Michel Taubmann, Le Roman vrai de Dominique Strauss-Kahn (éd. du Moment). 
Deux jours après notre rencontre, le 1er juillet, le jour du retournement de situation à New York, nous l'avons rappelée pour la revoir, et compléter l'interview. Qu'allait-elle faire? Porter plainte au moment précis où DSK semblait en passe de sortir de son cauchemar américain? "Ce retournement ne change rien pour moi", a-t-elle répondu.

La version de Dominique Strauss-Kahn: "La scène qu'elle raconte est imaginaire"
Couverture du livre de Michel Taubmann, Le Roman vrai de Dominique-Strauss-Kahn.
Tristane Banon: "Pourquoi je porte plainte contre DSK"
Ce que dit DSK le 20 mars 2011 à Michel Taubmann,
auteur de sa biographie autorisée, Le Roman vrai de Dominique Strauss-Kahn (éd. du Moment). Extrait.
Quand je prononce le nom de Tristane Banon, le ton se fait plus grave. DSK dément totalement le récit de la jeune écrivaine et déclare en substance: "C'est complètement faux! La scène qu'elle raconte est imaginaire. Vous me voyez, moi, jetant une jeune femme à terre, et lui faisant violence comme elle le raconte? Avant cette interview, je ne la connaissais pas. Elle m'avait contacté de la part de ma fille Camille dont la mère, ma deuxième épouse Brigitte Guillemette, est la marraine de Tristane Banon. L'entretien s'est déroulé normalement et, à son issue, j'ai passé un coup de fil à Michel Field afin qu'il lui accorde à son tour une interview. Quand j'ai appris qu'elle m'accusait d'agression, j'ai été stupéfait."
Je lui demande alors pourquoi il ne l'a pas attaquée en diffamation. Il me répond d'une part que son nom était "bipé" dans l'émission
d'Ardisson et que, par ailleurs, celle-ci n'avait reçu aucun écho dans la presse après sa diffusion. "Pourquoi faire de la publicité à une affaire totalement oubliée?"
Cette question, il me l'adresse aussi comme un reproche. "Vous faites comme vous voulez, c'est votre livre, me dit-il, mais c'est un peu dommage de finir l'ouvrage là-dessus et de vous intéresser plus à cette affaire qu'à mon bilan au FMI. Même si vous prenez vos distances avec les accusations de Tristane Banon, vous les répercutez quand même auprès de vos lecteurs à un moment où aucun de vos confrères journalistes ne s'y intéresse." Avant de raccrocher, je l'interroge à propos d'Anne Mansouret, la mère de Tristane Banon. Il me confirme qu'il l'a croisée deux ou trois fois après l'émission de Thierry Ardisson dans le cadre d'activités du Parti socialiste. Ils ont parlé des accusations lancées contre lui par la jeune écrivaine. Et se sont, d'après lui, quittés en bons termes, comme si cette affaire n'était qu'un malentendu. 

mardi 5 juillet 2011

Quand Tristane Banon cherchait des Hommes... des vrais !

Tristane Banon: Les hommes n'existent plus !
A 31 ans, l'écrivain Tristane Banon regarde les hommes se "féminiser" ...et pour DSK !?

Publié le 7 mars 2011 sur Atlantico
J’ai 31 ans et je suis célibataire. Pas que je ne trouve pas d’homme à qui je convienne, ou plutôt si, car les hommes n’existent plus. J’ai 31 ans et mon ex faisait un régime macrobiotique, le précédent m’expliquait que les lingettes imprégnées de Monsieur Propre étaient une aberration écologique et qu’il convenait de récurer l’évier avec une éponge et du Cif, celui d’avant encore avait décidé de troquer sa pause déjeuner contre une séance de fitness à la salle de sport.

Portrait de l'homme des années 2000

Lorsque je promène mon braque au bois de Boulogne, des pères célibataires, bébés-poussette au bout des bras, m’expliquent l’inconvénient de la couche Pampers sur les fesses irritables du petit schtroumpf de onze mois. Ils continuent sur le bilan carbone de la chose à scratch et concluent sur leur probable retour imminent à la bonne vieille version tissu lavable de la chose. « Oui, peut-être, je ne sais pas, je n’ai pas d’avis sur la question », c’est tout ce que je sais répondre.
Au restaurant, rares sont ceux qui assument l’entrée-plat-dessert mauvais pour la ligne, car quand ils ne sont pas complètement à la diète,  ils se « surveillent ». L’homme de 2011 est une femme comme les autres, une femme au foyer modèle, une femme fatale parfois, une femme-objet même…L’homme des années 2000 est toutes les femmes, dans ce qu’elles ont de pire !

Tanguy et la vie dure

Les familles pullulent de « Tanguy » qui squattent chez papa-maman avant de migrer directement chez mademoiselle, qu’il transformeront en Madame sans nécessairement trouver bon d’apprendre à gagner leur vie entre-temps, après tout « ma femme a une bonne situation, et il faut bien quelqu’un pour garder les enfants ». Pourquoi personne n’est-il surpris que les « Tanguettes » n’aient pas fait leur apparition dans le langage courant au même titre que leur homologue masculin ? Parce que l’homme est aussi une femme entretenue quand la femme a gagné son indépendance en réclamant le droit au travail. La dernière fois qu’un homme m’a accosté vulgairement et sans finesse dans la rue, le garçon qui m’accompagnait n’a pas bronché, « la violence ne sert à rien » m’a-t-il dit. Mon chien, lui, a montré les crocs. J’ai failli demander mon chien en mariage !

Où sont les hommes ?

Avant, c’était dans un autre siècle, une autre civilisation, c’était avant mai 68 et la libéralisation de la femme, en ce temps reculé, les hommes protégeaient les femmes qui acceptaient, en échange, un rôle bien à elle. Est-ce revenir au machisme et au sexisme d’antan d’avouer que les hommes relativisent beaucoup plus les problèmes d’argent quand les femmes gèrent plus aisément l’intendance du quotidien ? Bien sûr, des choses devaient changer, et tant mieux qu’elles l’aient fait. Bien sûr, ces mesdemoiselles devaient s’imposer dans les milieux professionnels, politiques, sportifs. Bien sûr tout ça. Mais quand je vois que la femme gagne toujours, à poste égal, un salaire bien inférieur à monsieur qui ne prend même plus la peine de l’inviter au restaurant pour la draguer car ça serait une sorte de machisme, « nous sommes égaux, payons à deux » ; quand je vois ça, je ne suis pas certaine que nous ayons gagné au change.
Mesdames, poussons le vice jusqu’au bout : pour 2011 c’est trop tard, mais pour 2012 soyons reconnaissantes pour toutes ces femmes à barbe et instaurons la journée de l’homme !

dimanche 22 mai 2011

jeudi 19 mai 2011

DSK: Ses derniers mots « Quel beau c... » COMPLÉTEZ :

Trouverez-vous le MOT juste qui vient compléter la dernière phrase de DSK en tant qu'homme libre avant d’être arrêté par la Police ?



« Quel beau c...


1. ...connard » (Sarkozy)
2. ...cul » (l’hôtesse)
3. ...complot » (l'arrestation)
4. ...coco » (le flic en uniforme)
5. ...?




Dominique Strauss-Kahn, 
à l'adresse d'une des hôtesses du vol New York-Paris AF023
samedi 14 mai 2011

DSK: Enquêteurs du web! Votez pour VOTRE théorie du complot...

Quelle est votre Théorie du complot ?
Trop gros pour être vrai, il s'agit sûrement d'un coup monté, mais lequel ? Revue des complots sur le grill...


1. Nicolas Sarkozy.
Devancé dans les sondages pour la présidentielle, le petit président aurait tiré les ficelles depuis l’Elysée, en collaboration avec la direction française de l’hôtel. Une photo circulerait déjà dans les milieux autorisés représentant Nicolas Sarkozy, François Fillon (Premier ministre) et Christine Lagarde (ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie) regardant depuis la "situation room" française le déroulement de l’opération "Crazy Horse", comme le cabaret avec des filles en petites tenues.

2. Le Parti socialiste français.
Les éléphants du PS se seraient ligués pour faire tomber le plus sérieux des prétendants à la victoire lors des primaires du parti. François Hollande aurait mis dans la nourriture de Dominique Strauss-Kahn des doses constantes d’un aphrodisiaque, du bois bandé, tandis que Martine Aubry se serait grimée en soubrette.

3. La CIA. 
DSK, agent à la solde de l’Agence, aurait menacé de ne plus collaborer, d’où le complot et la sévérité de la justice américaine.

4. Oussama Ben Laden.
Les vidéos X trouvées dans la cache de l’ennemi de l’Amérique n’étaient pas les siennes, mais devaient être déposées parmi les affaires du grand responsable du FMI pour le faire passer pour un pervers. Suite à la mort d’Oussama Ben Laden, al Qaeda a décidé de se radicaliser et a monté ce coup fumant.

5. Les Irlandais de Vincennes et Greenpeace.
En 1982, des Irlandais à Vincennes soupçonnés d’être membres de l’IRA sont arrêtés pour possession d’explosifs. On découvrira par la suite que c’est la gendarmerie française qui avait planqué la dynamite. En 1985, le gouvernement socialiste et les services secrets français coulent le "Rainbow Warrior". L’organisation écologiste n’a jamais digéré la perte de son navire amiral et de l’un de ses membres. Le lobby écolo et la forte communauté irlandaise de New York ont donc à leur tour coulé les ambitions du plus sérieux concurrent socialiste à la présidence française.

6. Le Vatican.
Le père de DSK n’était-il pas conseiller juridique et fiscal et membre du Grand Orient de France ! France, fille aînée de l’Eglise, comment pourrait-elle tomber aux mains de maçons D’où l’opération spéciale menée pas les services secrets du Vatican et son agent spécial, véritable Mata-Hari du XXIe siècle : la petite-fille cachée de Sœur Sourire.

7. La Grèce. 
L’association des consommateurs grecs n’en peut plus que son pays soit étranglé par les grands argentiers. Elle a donc mobilisé sa diaspora new-yorkaise pour tenter de faire chanter le directeur du Fonds monétaire international, mais la personne responsable de filmer les ébats a été retenue à un mariage. Finalement, la femme de chambre a paniqué.

8. Les bolcheviques.
L’OLP, Organisation du lumpen-prolétariat, groupe occulte visant à renverser le Grand Capital et la dictature bourgeoise, a ressorti son "parapluie bulgare" (parapluie modifié pour injecter une substance). Une piqûre de Viagra concentré a donc mis DSK dans tous ses états, au point de supplier maladroitement la femme de chambre de l’aider.

9. Les scouts.
Ils sont partout avec leurs shorts, même quand il fait froid dehors. Ils occupent toutes les places à responsabilité. Toutes ? Non, pas le FMI. Il a donc été décidé lors du Jamboree secret de Fontaine-l’Evêque d’octobre dernier de mettre un scout à ce poste-là. Ces petits hommes verts ont donc enlevé Dominique Strauss-Kahn et une femme de chambre et leur ont lavé le cerveau dans leur base secrète de Central Park.

10. Anderlecht.
Pour masquer le fait qu’Anderlecht a pitoyablement échoué dans sa quête d’un nouveau titre, l’entraîneur Ariel Jacobs a décidé de jouer en attaque pour détourner l’attention. La femme de chambre, c’était Romelu Lukaku.

11. Les femmes.
Non, les femmes ne passent pas leur temps à appeler leur mère et faire les boutiques : elles complotent pour éliminer les phallocrates !

12. Les pauvres.
Dominique n’a jamais eu un regard pour Henry, le clodo qui dort dans les cartons de feuilles A4 du FMI. Henry a donc fait appel à l’Agence tous risques et, grâce à une collecte de l’Internationale des clodos à laquelle vous avez peut-être participé avec une piécette donnée à un pauvre dans la rue, il a pu financer cette opération commando.

13. Les extraterrestres.
Dominique Strauss-Kahn est un zombie. Il ne voulait pas violer cette femme, mais lui manger le cerveau. Superman est intervenu à temps pour la sauver, car il fait partie avec toute une série d’autres extraterrestres des défenseurs de la race humaine face à la menace zombie. Quand DSK s’est enfui, ET n’a pas téléphoné maison, mais à la police pour maquiller le tout en faits divers à caractère sexuel.

DSK DERNIÈRE MINUTE: La version du Sofitel CHANGE... 2 employés présents dans la suite !!!

Un autre employé de l'hôtel Sofitel était présent dans la suite de DSK




Un employé était en train de débarrasser le petit-déjeuner, quand la victime présumée est entrée. Il lui a dit qu'elle pouvait nettoyer la chambre, avant de partir.

Un employé du Sofitel de New York était déjà samedi dans la suite, occupée par Dominique Strauss-Kahn, lorsque la femme de chambre qui accuse le patron du FMI de l'avoir agressée sexuellement est entrée, ont affirmé mercredi 18 mai une source policière et une source proche du groupe hôtelier.


La victime présumée de Dominique Strauss-Kahn s'est présentée samedi devant la suite 2806 du Sofitel de Manhattan et a constaté que "la porte était entrouverte", a expliqué la source policière.


La jeune femme "a poussé la porte, un employé était en train de débarrasser le petit-déjeuner dans la suite et il lui a dit qu'elle pouvait nettoyer la chambre", a poursuivi la source proche du Sofitel. L'accusatrice de DSK est ensuite "revenue dans la chambre avec son chariot et l'autre employé est parti", a ajouté cette source.


"Aucune caméra dans les couloirs"


Cette même source proche de l'hôtel Sofitel a également expliqué que l'établissement de Manhattan était équipé de caméras "uniquement dans le lobby et aux 1er et 2e étages, où se trouvent les salles de réunion", précisant qu'il n'y avait "aucune caméra dans les couloirs, ni dans les chambres, ni dans les suites" de l'hôtel.



Selon le récit des enquêteurs américains, la victime présumée était entrée samedi dans la suite 2806, croyant qu'elle était vide, pendant que Dominique Strauss-Kahn prenait une douche dans la salle-de-bain à l'autre bout de la suite


DSK est visé par sept chefs d'accusation, notamment pour tentative de viol et séquestration et est placé en détention depuis lundi. La plaignante, une mère célibataire de 32 ans, a comparu pour la première fois mercredi à huis clos devant la justice. Elle nie avoir eu une relation sexuelle consentie avec le patron du FMI.


Jeudi, Dominique Strauss-Kahn doit à nouveau tenter d'obtenir du tribunal pénal de Manhattan sa mise en liberté sous caution.


Le Nouvel Observateur - AFP

lundi 16 mai 2011

EXCLUSIF: Les incohérences apparaissent... la machination aussi !

Minute par minute - Face aux accusations d'agression sexuelle qui visent Dominique Strauss-Kahn, ses avocats comptent évoquer des incohérences d'emploi du temps, selon RMC. Selon l'hôtel, il a bien signalé son départ de sa chambre.

Lundi, 14h05 :  Dominique Strauss-Kahn a bien signalé samedi son départ à la réception de l'hôtel Sofitel de New York, déclare officiellement le groupe hôtelier Accor, propriétaire des Sofitel. 
Lundi à la mi-journée : selon la radio RMC, les avocats de Dominique Strauss-Kahn auraient réussi à reconstituer son emploi du temps. Il aurait quitté son hôtel "à midi", soit une heure avant le moment de l'agression sexuelle présumée contre une femme de chambre qui lui vaut d'être inculpé par la justice américaine.Dominique Strauss-Kahn aurait alors rejoint sa fille pour déjeuner dans un restaurant de New York et sa défense s'apprêterait à donner des preuves matérielles et des témoignages de ce déjeuner. RMC ajoute que la défense se penche sur la personnalité de la victime présumée pour tenter de prouver qu'elle aurait eu un intérêt matériel à porter plainte.
12h30 : Pas d'impact sur les plans d'aide dans la zone euro. La Commission européenne affirme que l'inculpation du directeur général du FMI n'aura "pas d'impact" sur les programmes d'aide financière prévus pour les pays de la zone euro, notamment la Grèce.


Dominique Strauss-Kahn doit être présenté au juge lundi après-midi, à 16h30, heure française (10h30, heure de New York)

Lundi, peu après 11 heures : Une écrivaine et journaliste, Tristane Banon, qui a affirmé avoir été agressée sexuellement en 2002 parDominique Strauss-Kahn, "envisage de porter plainte", annonce son avocat, Me David Koubbi.
Lundi, 5h30 du matin : "Il est fatigué, mais il va bien". C'est par ces quelques mots que William Taylor, avocat américain de Dominique Strauss-Kahn, décrit aux journalistes, devant le palais de justice de Manhattan, l'état dans lequel se trouve son client, alors qu'il vient de quitter le commissariat de Harlem, menottes aux poignets, pour une destination inconnue. DSK conteste toutes les accusations portées contre lui et compte "se défendre vigoureusement", fait savoir un autre de ses avocats, Benjamin Brafman.
Lundi, vers 5 heures du matin : Dominique Strauss-Kahn sort du commissariat de Harlem où il était interrogé. La police fournit des informations contradictoires concernant la destination vers laquelle doit être conduit le patron du Fonds monétaire international, inculpé d'agression sexuelle sur une femme de chambre d'un hôtel de Manhattan. On ignore alors s'il doit être emmené au dépôt du palais de justice de Manhattan ou être conduit dans les services médico-légaux pour y subir des examens corporels.
Nuit de dimanche à lundi : Initialement, la comparution de DSK en audience préliminaire devait avoir lieu dimanche, mais le patron du FMI a accepté de se soumettre à des expertises, retardant de fait sa présentation à la justice. "Notre client a volontairement consenti à un examen scientifique et médico-légal ce soir à la demande du gouvernement et compte tenu de l'heure nous avons convenu de reporter la lecture de l'acte d'accusation à demain matin", fait savoir l'avocat William Taylor.


De son côté, le porte-parole de la police de New York fait savoir que les enquêteurs ont obtenu un nouveau mandat pour examiner les vêtements du patron du FMI, afin de rechercher "de l'ADN", selon ses propres termes. Les empreintes génétiques recherchées pourraient se trouver dans "des cheveux, du sperme", ou autre, a-t-il précisé, ajoutant que la police souhaitait en obtenir un autre pour réaliser une fouille corporelle. A la question de savoir si les enquêteurs entendent chercher des traces de griffures comme l'ont indiqué des médias américains, le porte-parole a acquiescé : "oui, c'est ce qui se passe". Enfin, cette même police de New York précise que le directeur général du Fonds monétaire  international ne bénéficie pas de l'immunité diplomatique face aux accusations d'agression sexuelle qui pèsent contre lui.